Photos souvenirs

J’aime beaucoup cette photographie d’une jeune fille dans ses habits de fête Hmong. La photo la montre avec en arrière-plan la reproduction du plus celebre temple de Luang Prabang, le Vat Xieng Thong.

Sont aussi très populaires dans les campagnes, ces photos de jeunes mariés sur lesquelles sont hâtivement ajoutes en arrière plan un Gratte Ciel ou une Ferrari, symbole de succès. La photo viendra s’ajouter aux rares décorations de la maison, souvent un calendrier dépassé d’une marque de bière ou une affiche d’ONG promouvant le lait maternel.

Les laotiens ne vivant pas dans la capitale aiment profiter d’un passage par Vientiane pour se faire photographier devant un des monuments symboles de la ville, le That Luang ou le Patouxai.

Bangkok sous les eaux

Inondations en ThailandeKrung Thep (Bangkok) est la ville au nom le plus long : กรุงเทพมหานคร อมรรัตนโกสินทร์ มหินทรายุธยา มหาดิลกภพ นพรัตน์ราชธานีบุรีรมย์ อุดมราชนิเวศน์มหาสถาน อมรพิมานอวตารสถิต สักกะทัตติยะวิษณุกรรมประสิทธิ์ Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d’émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l’énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn.

LA ville de Thaïlande, la « ville des anges », est sous les eaux depuis plus d’un mois. La puanteur des canaux s’est déversé dans les quartiers périphériques et les fermes de crocodiles des banlieues nord auraient laissé s’échapper les pensionnaires.

Le centre de Krung Thep est toujours épargné par la catastrophe, les autorités ont décidé de protéger le centre économique et politique du pays et construits pour ce faire des barrages qui empêchent l’eau de s’écouler naturellement vers le golfe du Siam. Ceux des banlieues nords n’apprécient pas. Ici, dans l’hypercentre, les épiceries ne vendent plus d’eau en bouteille et certains produits peuvent manquer. Partout, de petits murets ont été élevés à l’entrée des magasins et devraient arrêter les 40 premiers centimètres d’eau.

Comme souvent pour expliquer un phénomène, on se demande si l’on a offensé des esprits qui pourraient être les véritables responsables de la catastrophe. Le vol du Bouddha d’émeraude (Phra Keo) à Vientiane à la fin du dix-huitième siècle est encore un sujet très sensible entre les deux pays. Des deux côtés du Mékong, nombreux sont ceux qui pensent que le vol de cette statue sacrée est la cause des innondations et qu’il faut la restituer aux laotiens. A Vientiane, loin de compatir avec les thaï, on s’inquiète plutôt de la qualité des voitures Honda qui selon les rumeurs auraient été immergés avant d’être exportées vers le Laos.

Inondations en Thailande

Inondations en Thailande

Inondations en Thailande

Inondations en Thailande

Inondations en Thailande

Inondations à BangkokInondations à Bangkok

Preque sans accent

A la fin d’une conversation téléphonique longue-distance avec une dame téléphonant de France :

- Mais, vous parlez très bien français.

- … Merci madame…

Je ne pense pas avoir encore tout à fait perdu mon accent toulousain !

6 heures du matin

Près de 6 heures du matin à Vientiane. Une sonnerie de téléphone.

- Ton cousin a ramené des mangues, il y en a à la maison pour toi.

- Euh Euh (oui, oui)

La conversation a duré près de 5 secondes. Avant de repartir dans des rêveries, je crois que je souris.

Quelques règles chez les Akha

Femme Akkha Pala sur un marché se tenant tous les 10 jours suivant le calendrier Khamou.

Partis dans le Nord Laos évaluer les possibilités de trek dans une région peuplée par des montagnards de l’ethnie Akha, nous avons recueillis ces règles auprès des villageois. Chaque touriste dormant ou mangeant dans un de ces deux villages Akha se verra remettre un document leur demandant de respecter les tabous et consignes les plus importants. Chaque village est différent, les informations ci-dessous ne sont pas généralisables à tous les villages Akhas.

 

Bienvenue à (…) ! Nous sommes Akha Pala et vous demandons de respecter notre culture :

  • A l’intérieur de la maison, nous avons des bambous creux remplis d’eau. Ne les amenez pas à l’extérieur, pour vous laver les mains par exemple.
  • Vous pouvez garder vos chaussures pour entrer dans les maisons. Enlevez-les seulement pour monter à l’étage.
  • Les animaux ne doivent pas être tués au deuxième étage.
  • En général, les membres de la famille mangent tous ensemble, mais quand il y a des invités, les femmes mangent parfois après.
  • Après une naissance, il est interdit d’entrer dans la maison pendant 3 jours (sauf aux membres de la famille, bien sûr).
  • Nous pratiquons le culte des esprits de nos ancêtres. Quand une famille fait une cérémonie (environ 3 fois par an), n’entrez pas dans la maison, s’il vous plaît.

Porte aux esprits Akkha Pala. En haut à droite, une tête d'aigle.

  • Quand le village est en train de faire une cérémonie pour les esprits, les visiteurs ne peuvent pas entrer dans le village, à moins qu’ils y passent la nuit et/ou fassent un petit don.
  • Avant de manger, c’est la tradition de boire deux verres d’alcool de riz avec nos invités pour leur souhaiter la bienvenue et créer une relation amicale.
  • Les femmes massent souvent leur mari, et les jeunes filles, leurs aînés. Elles accueillent traditionnellement les visiteurs avec un massage.
  • Ne passez pas sous la balançoire du village. Elle n’est utilisée qu’un jour par année et c’est tabou de la toucher le reste du temps.
  • Vous pouvez prendre en photo les portes du village. Situées à ses deux extrémités, elles marquent la frontière avec le monde des esprits et les empêchent d’entrer dans le village. Vous pouvez les toucher, mais ne les arrachez pas et ne vous y suspendez pas ! Il y a une cérémonie annuelle où les visiteurs doivent faire un don pour que le riz pousse bien.
  • L’endroit le plus sacré est l’arbre aux esprits au sommet du village. Ne touchez pas la clôture qui l’entoure.
  • N’entrez pas dans les chambres à coucher, c’est tabou pour les étrangers.
  • Ne consommez pas de drogue dans notre village.

Bienvenue à (…) ! Nous sommes Akha Pouly et vous demandons de respecter notre culture :

Jeunes filles Akkha Phouly

Jeunes filles Akkha Phouly. En échange de la promesse de leur envoyer les clichés, elles consentent à une séance de photos.

  • Si vous voyez un signe en bambou en forme d’étoile devant une porte, n’entrez pas dans cette maison s’il vous plaît. Cela signifie qu’une femme a accouché récemment, que quelqu’un est malade ou qu’il y a une cérémonie pour les esprits.
  • N’utilisez pas directement les bambous creux contenant de l’eau pour vous laver les mains, c’est tabou, car nous les utilisons pour laver les morts.
  • Ne posez pas de couteau sur les tables basses en bambou. C’est tabou, car nous le faisons seulement lors de funérailles, le couteau divisant alors la table en deux : d’un côté la nourriture pour le défunt, de l’autre celle pour les vivants.
  • Ne prenez pas de photos de nos bébés et jeunes enfants. C’est tabou, et nous ne voulons pas que leurs âmes partent à l’étranger.
  • Pendant les mariages, les visiteurs doivent manger de la graisse de porc. Sinon, ils doivent boire un verre d’alcool de riz.
  • Attention à ne pas suspendre de sacs ou d’habits aux autels des esprits (notez les cornes d’animaux !)

Au salon de massage

Pour apprendre le laotien, trois endroits s’imposent : le salon de massage, le marché et le café.

Au salon de massage où j’ai mes habitudes, des photos de la propriétaire -une quadragénaire thaïlandaise mariée à un laotien- recouvrent un mur, à côté d’aquariums abritant des poissons aux têtes déformés. Après avoir échangé ses chaussures contre des tongues à la porte d’entrée, on s’assied sur de grandes chaises en bois massif où l’on choisit -à la carte- un massage parmi ceux proposés : pieds, tête, corps, à l’huile, traditionnel, aux herbes…

On est ensuite conduit près de l’escalier où la masseuse nous lave les pieds avant d’entrer dans une grande pièce compartimentée par des rideaux importés de Chine. J’enfile le pyjama mis à disposition, m’allonge sur le dos, et engage la discussion avec la masseuse, une fille de 17 à 24 ans.

Sabaidee, sabaidee bo ?
Bonjour, ca va bien ?
Alors là, c’est décalé comme question mais, mon fond culturel attaché à mes tongues… La bonne question bateau c’est :

Kin khao léo bo ?
Est ce que (tu-vous) (as-avez) déjà mangé ?
Entendant cette question lors des premiers mois au Laos, je ne savais pas encore que c’est une formule de politesse. Donc à chaque fois qu’on me demandait celà et que je n’avais pas mangé, je croyais à une invitation et répondait souvent : « non pas encore, mais on peut manger ensemble » ce qui plongeait mon interlocuteur dans une profonde réflexion.

Puis, on peut demander :

Tiao (Nong) mi fén léo bo ?
Est ce que tu as un petit ami ?
Il est usuel de demander rapidement si la personne à déjà fondé une famille où projette de le faire dans un avenir proche. La famille est la chose la plus importante au Laos, le reste est annexe.
Sa réponse va être négative car même si elle a un petit ami, elle préfère ne pas en parler car tant qu’elle n’est pas engagée sérieusement, elle ne va pas jouer son avenir sur un seul garçon.

Sao (Nong) ma té sai ?
Tu es originaire de quel village ?
En général, les filles viennent de la campagne : province de Sam Neua, Sayabouli, Champassak… Facile à deviner avec l’oreille musicale, sinon la couleur de peau (brune dans le Sud, nacre dans le Nord) peut donner une indication.

Kit hod ban bo ?
Est ce que ton village d’origine te manque ?
(poésie) Bien sûr qu’il manque, c’est souvent un océan de forêts pour la fille de Sam Neua, un endroit où il fait bon pousser le riz et la maïs à Sayabouli, un village qui se reflète dans le Mékong pour la fille du Sud. Mais la vie y est rude, douce, simple et parfois amère. (/poésie)

Po mé tiao (nong) het hai leu hét na ?
Tes parents cultivent ils le riz sur des pans de collines ou en rizière inondé ?
C’est une question qui surprend la masseuse, peut être parce que un étranger ne fait pas la distinction ou que c’est un peu trop personnel. En général, les masseuses les plus petites de taille sont celle d’origine la plus modeste et leurs parents pratiquent la culture sur brûlis.

Tjao you Vientiane don léo bo ?
Depuis quand es tu à Vientiane ?
Et là, on apprend que la fille en général a quitté son village à 13 ans pour rejoindre un cousin (un laotien a des cousins partout !), a un peu étudié et bosse depuis maintenant 2 ans dans le salon de massage.

Phak you sai ?
Où habite tu ?
Là, la réponse (Ban Trucmuche – le village Trucmuche) me laisse en général perplexe parce que Vientiane c’est un agglomérat de disons 70 villages et que je dois en connaître nommément une dizaine.

A la fin du massage, un thé, une addition de 35000 kips par heure. Je laisse un pourboire et pars en ayant -parfois- appris quelques mots.

Secrets et merveilles de la finance au Laos

Le Monde Diplomatique revient sur l’ouverture de la bourse de Vientiane le 11 Janvier 2011 dans le Diplo de février 2012 avec un titre bien choisi : Modernisation par la corbeille.

Bourse Vientiane

Extrait : Les financiers l’assurent : dans les économies pauvres, la Bourse constitue une panacée. Pour le particulier, en tant que placement complémentaire au dépôt bancaire, à l’immobilier, à l’or. (…) seuls 6% des Laotiens disposant d’un compte en banque, on voit mal ce que les 94% restants feront du « placement complémentaire »

La Commission Européenne aide le Laos

Un arrêt dans un village de producteurs d’alcool de riz local dans la région de Phongsali. On est surpris par les sacs de riz estampillés « European Comission – World Food Program ».

Le producteur nous raconte que ces sacs de riz ont été distribués à des villageois appartenant à l’ethnie Khamou. Or les Khamous ne mangent que du riz gluant et pas la variété de riz fournie par le projet. Le riz a une importance considérable dans l’alimentation et la culture des peuples vivant au Laos et les villageois ont revendus à bas prix le riz au producteur d’alcool local.
Certaines « missions humanitaires » ont pour objectif de refourguer des surplus de riz produits dans les « pays développés ».

Dans ce cas c’est peut être simplement l’incompétence de professionnels de l’humanitaire. Des « professionnels du développement » au Laos, peu ont déjà dormis chez l’habitant ou partagé un repas avec des villageois. L’humanitaire type est en poste pour quelques années, rémunéré 50 à 300 fois le salaire local, ne maîtrise pas la langue, comprend mal la culture. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir ces conneries.