Perception du temps

La journée des novices et moines du temple de SU NAN THA est rythmée par le gong qui retentit quatre fois par jour. La tour d’observation où se trouve le tambour est aussi un endroit où certains vont fumer quelques cigarettes le long de la journée. Le premier Gong autour de 5h annonce la prière du matin qui a lieu dans le sin, bâtiment central réservé aux cérémonies. Théoriquement tout le monde y participe, mais comme avec toutes les règles du temple, les exceptions sont fréquentes et communément tolérées. Ainsi un moine, revenant la veille d’un voyage en Thaïlande, préfère prolonger sa nuit de sommeil plutôt que d’assister à l’office. Sous la direction d’un moine désigné à tour de rôle, les paroles sacrées sont répétées en pali par une assemblée encore somnolente. Parfois, le maître de cérémonie s’arrête pour repousser un insecte, changer de position ou encore s’éclaircir la voix. Puis, parfois, quelques travaux de jardinage ou de nettoyage effectués à un rythme tranquille. Vers 6h, habillés d’une robe recouvrant l’épaule gauche, nous sortons, pieds nus, munis de notre bol à aumône et marchons en silence dans une lente procession. Le groupe d’une trentaine de moines et novices se partage quatre itinéraires dans le quartier du temple. Les femmes agenouillées sur une serviette ou les genoux sur leurs sandales nous attendent avec un panier de riz gluant tandis que les hommes restent debout et portent une écharpe traditionnelle. A chaque arrêt nous ouvrons notre bol et recevons riz gluant, fruits, billets de banque, œufs, sucreries, sandwichs… De retour au temple, nous séparons la bouillie d’offrandes : les sucreries sont généralement données aux enfants qui viennent parfois dans le monastère ; le riz gluant est soigneusement décollé des billets ; les fruits sont mis de côté pour la fin du repas. Nous pouvons enfin prendre le premier repas de la journée. Nous mangeons en petits groupes. Parfois le néhn (novice) Sitipone va acheter deux soupes de poulet à 2000 Kips que nous partageons autour de la table d’osier. Avec Sitipone, nous mangeons sur nos genoux ou les jambes de côté alors que les moines ont la possibilité de s’asseoir en tailleur. Le même repas à 11h30, la même prière à 17h. Les mêmes heures qui s’écoulent, à peines distraites par les 4 ou 5 « douches » de la journée. Il règne une chaleur accablante à Savannakhet entre mars et mai ; au temple, les toitures en tôle et l’absence de vent transforment les cabanes en de véritables saunas à partir de 8-9 heures et ce jusqu’au coucher du soleil. Pour protéger les crânes rasés, il faut s’équiper de parapluies ou recouvrir la tête d’une serviette lors de chaque déplacement au soleil. La chaleur, le jeûne à partir de 12h, l’absence d’activités dilatent les heures et l’absence de montre ou horloge rend les journées impalpables.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>