La recherche d’un bon DVD dans les marchés de Vientiane me plonge dans un profond désespoir. Le film français le plus vendu est Taxi 4 !!!
La médiathèque du centre de langue française propose quelques très bon films : Le troisième homme, deux oeuvres majeures de Bergman (Scènes de la vie conjugale, Saraband), Gouttes d’eau sur pierre brûlante d’Ozon… Mais ces derniers sont rayés et l’image se fige immanquablement à un moment… de préférence dans une scène forte.
On peut donner une définition correcte dans 94,7% des cas en indiquant que la différence entre un bon film et un mauvais repose sur le poids des scènes finales dans le souvenir qu’on garde du film. Dans un bon film, la fin ne doit pas surprendre : les rebondissements finaux sont souvent des artifices qui essaient de faire oublier un mauvais scénario. Ok, le dénouement du film Brazil est exceptionnel. La trilogie Ocean’11 ; 12 ; (pas eu le courage de voir le 13) est l’illustration parfaite de cette théorie. Bon, ça reste la theorie d’un type qui regarde avec plaisir ‘Brice de Nice’.
Pour en revenir au Laos, le seul cinéma de Vientiane propose des films thaïlandais en vo non sous titrés à des horaires aléatoires ; principalement des films d’horreur. L’arrivée de la télévision et du lecteur de DVD a tué les cinémas. Sur les marchés se vendent quelques DVD souvent sans grand intérêt cinématographique comme ‘The Kingdom’ : l’histoire d’agents du FBI partis enquêter sur un attentat contre (horreur suprême !) des américains en Arabie Saoudite. La morale c’est que les arabes sont souvent des terroristes mais (le public doit il être surpris ?), il y a quand même, sous leurs airs un peu bourrus, de gentils arabes. C’est à ces films moyens que l’on peut voir dans quelle impasse est l’Amérique avec l’incurie de l’administration Cheney à gérer le 11 sept ; la morale du film : Hollywood prépare l’américain à une longue guerre qui se soldera par une inévitable période d’isolationnisme. En lisant l’article de Newsweek ‘An underwater threat’ sur les nouvelles capacités militaires chinoises de leadership militaire en Asie, on comprend que les US ne sont pas encore prêt à accepter un monde multipolaire. Au Laos, on continue de ramasser les bombes à sous munitions ‘made in US’ pendant que les colons chinois commencent à s’installer ; les chinois vont réussir économiquement là où les américains ont échoués militairement. J’ai lu qu’un film narrant la survie d’un soldat américain dans la forêt lao est en tournage. Que faut il en attendre ? Une anecdote entendue hier d’un lao dont l’oncle, pilote supplétif de l’armée américaine, était payé pour décoller de Thaïlande et aller bombarder le nord Viêt-nam pendant la deuxième guerre d’Indochine. Ce dernier, comme beaucoup de pilotes de l’époque, préférait éviter les zones aériennes dangereuses du Viêt-nam et larguer sa cargaison au hasard sur le Laos. Même salaire pour le pilote, un triste record pour le Laos de pays le plus bombardé par habitant de l’histoire et l’impossibilité d’identifier précisément les zones bombardées. Les démineurs travaillent aujourd’hui avec des bases de données qui recensent 20 à 30% de l’ensemble des bombardements US sur le Laos. Bombardements qui n’ont jamais eu de reconnaissance officielle : la guerre au Laos n’a pas eu lieu ! Même pas vrai !
Plus léger, j’ai vu ’50 first dates’ avec Adam Sandler dans le rôle principal. C’est assez rigolo de voir ce type déterminé tenter de séduire chaque jour l’amnésique incarnée par Drew Barrymore qui, après un accident de voiture, voit sa mémoire de la journée s’effacer pendant la nuit. Ca sonne plutôt juste.
Les jaquettes des DVD piratés (vendus un peu plus d’1$) sont reproduites scrupuleusement, mentions de copyright comprises ; parfois la vidéo est capturé via un camescope minable dans une salle de cinéma. Souvent filmés de travers.
La conclusion de ce post coup-de-gueule : ‘Fermons les usines de bombes, ouvrons des cinémas, mangeons des pommes’