Nord du Lao

Houei Xai : il pleut ; le café Lao est remplacé par du Nescafé importé de Thaïlande. Des groupes de voyageurs se rendent à l’embarcadère pour rejoindre Luang Prabang en descendant le Mékong. En compagnie d’un couple de Barcelonais ; la femme s’attendait à trouver des toilettes sur la route. Après 4 heures de route elle se résigne à aller dans un bosquet.

Luang Namtha : mauvaise carte ; mauvaise piste ; mauvais vélo ; repas de riz gluant et d’eau chaude dans un poste militaire. Les forêts sont dévastées par la culture sur bruli et les coupes de bois. Les jeunes des villages sont très timides. La rivière Nam Tha semble trop turbulente pour être descendue en bateau. Rencontre avec une lao qui étudie le droit en français à Hanoi. Outre le dialecte de son village, elle parle lao, français, anglais et commence à se débrouiller en Vietnamien. Personne ne veut partager les frais d’un trek de 7 jours et les petits treks dans des villages visités toutes les semaines ne m’intéressent pas.

Oudomxai : une jeune vendeuse se sert de son cahier de mathématiques pour envelopper des bananes grillées. La ville abrite un grand marché chinois. J’organise un déplacement à vélo depuis OudomXai pour Muang Khua. Le lao qui m’accompagne a une fille dans chaque district. Il sait où habitent les laos les plus jolies et s’arrange pour que l’on s’arrête à leurs boutiques. Le contraste entre les villages traversés est saisissant ; j’aimerai mieux comprendre les différences. Succession de villages avec des petites cabanes pour les esprits, des petits greniers à riz et les habitations. Arrêt dans une de ces cabanes plantée dans un champ à flanc de montagne. Une vieille femme défriche et décline les invitations à partager notre repas ; elle attend son mari parti chasser.

Sin Xai : Nous apprenons l’existence d’un village Akkha au sommet d’une colline proche. L’ascension est assez difficile sur l’escalier en glaise mais il n’y a pas de sangsues. Les enfants fuient à notre approche puis se cachent pour nous observer. Le contact s’établit difficilement. Les terres doivent être fertile car certaines familles ont des meubles dans leurs maisons. L’ascension de la colline avec une armoire a du demander des efforts considérables. Nous sommes malades avec mes guides laos ; probablement à cause du dîner. Des villageois Akkha et Thaï Dam viennent s’approvisionner en viande au marché ; les femmes portent leurs tenues traditionnelles, marchent deux mètres derrière leurs maris. Les rats séchés sont étonnament chers. J’achète une coiffe traditionnelle Thaï Dam à une vieille femme. La confection lui a demandé un mois de travail et je ne négocie pas quand elle m’en demande l’équivalent de 13 dollars.

Muang Khua : Attente d’un bateau pour Nong Khiaw. Le vieux marché Lao a brûlé ; les chinois sont sont soupçonnés. Lectures et discussions en buvant des milks shakes à la banane. Sur l’embarcadère, la foule s’agglutine autour d’un paysan venu en barque vendre la viande d’un de ses buffles. Les morceaux, étalés sur une bâche, passent de main en main. Attente de passagers pour affréter un bateau. La descente de la Nam Ou offre des paysages magnifiques.

Nong Khiaw : Des touristes venus de Luang Prabang.

Luang Prabang : Tourisme de masse. Les falangs restent entre eux. Je retrouve une connaissance de Vientiane et nous visitons des temples époustouflants. Direction Thaxoang en bateau.

Thaxoang : Nous attendons que le chauffeur trouve une batterie pour son truck. Direction Hongsa (25 km – 3 heures) Truck embourbé. Un 4*4 nous sort finalement de là juste avant la tombée de la nuit.

Hongsa : Pluie. Direction Xayabouli (95km – 9 heures). Notre 4*4 est embourbé. Le chauffeur s’acharne jusqu’à creuser un trou d’un mètre. Tentatives infructueuses de tractage par un autre 4 roues motrices. Seul un engin de chantier parvient à nous sortir de là juste avant que le câble ne lâche. Nous prenons en auto-stop des ouvriers qui s’arrêtent voir les prostituées.

Xayabouly : Pluie. Je retrouve des amis de Vientiane. Un office de tourisme dans la ville ; je suis le premier touriste qu’ils voient depuis 2 mois. Ils sont 11 à ‘travailler’ ici depuis 3 ans. Ils m’offrent du café et me proposent de m’amener dans les villages lorsque je leur fait part de mon intérêt pour les minorités ethniques. Un marché plein d’animaux sauvages encore vivants. Ce soir c’est le début de la retraite bouddhiste de 3 mois et les maisons des bouddhistes sont entourées de bougies. Pas de possibilité de louer une moto ; je remercie les jeunes qui me sortent en offrant des tournées de bière. Direction Pak Lai (150km – 7heures).

Pak Lai : Une vieille femme adorable qui se fait appeler ‘Madame’ m’héberge dans sa maison au bord du Mékong. Nous allons au temple offrir des sodas aux moines et novices puis ‘Madame’ m’offre du riz gluant et une sauce de piments pour le voyage en bateau. Direction Vientiane (200km? – 8 heures). Avec les laos, nous partageons une antipathie pour ces chinois braillards qui se précipitent dans le bateau. Plus tard, je prend un peu d’espace en me réfugiant sur le toit. Le contraste est saisissant entre les rives thaïs et laos.