Oncle Dorn, propriétaire d’une grande ferme demande un prêt à la banque ‘Nee Took’ « Combien voulez vous emprunter » demande le banquier. « 500 millions de kips » « D’accord mais vous devez me donner des garanties ! Combien avez vous de vaches dans votre ferme ? » « 300″ « Ca devrait suffire, votre emprunt est approuvé. » Quelques mois plus tard, oncle Dorn retourne à la banque pour rembourser son emprunt « Voici votre argent » dit-il en sortant une liasse de billets d’un gros sac. « Et bien, oncle, laissez moi vous féliciter pour votre réussite en affaires » dit le banquier en observant le sac. « Et pour votre sécurité, je vous propose de déposer vos bénéfices dans notre banque » Fixant intensément le banquier, Oncle Dorn demandât : « Mais vous devez me donner des garanties. Combien de vaches avez vous dans votre banque ? »
Ca fait sourire et réfléchir quand on sait que le ratio placements sur fonds propres de certaines banques peut dépasser 60.
Je ne suis pas quel sera l impact de la crise financière mondiale sur l’économie du Laos. Dans un pays ou plus de 4 habitants sur 5 cultivent le riz et vivent quasiment en autosuffisance, cueillent les pousses de bambous, champignons, légumes dans la forêt et comptent sur le petit gibier, les volailles ou les vieux boeufs pour leurs apports en protéine. Mon amie Sone est revenue d’un village de la région de Kasi. L’expatriée qui l’accompagnait a renoncé à se rendre plusieurs fois dans le village à cause de l’état de la route (les 20 km qui séparent le village de la route principale se parcourent en deux heures lorsqu’il n’a pas trop plu). Pendant son séjour, Sone a servie d’intermédiaire entre de jeunes adolescents de l’ethnie Hmong et des villageois dans la vente d’un python. Les adolescents demandaient 15 000 kips (2$) par kilo.
Prix jugé excessif par les villageois qui savent que les Hmongs ne mangent pas de serpent (pourquoi ?). Le python de 10kg a finalement changé de mains contre 110 000 kips. Il était parait il excellent cuisiné en soupe. J’aimerais manger du serpent mais, je suis plutôt prudent quand j’en vois un ; la vérité, c’est que je n’aime pas ces animaux. Alors que les laos se précipitent sur les serpents pour les tuer et les cuisiner, je préfère m’éloigner de la bête.
L’impact de la crise financière sur le Laos dépendra de ce qui va se passer en Thaïlande d’où la grande majorité des produits de consommation courants sont importés et où l’électricité lao est massivement exportée. A ma connaissance, les seuls biens de consommation que produit l’industrie Lao sont les cigarettes, la bière, le pepsi et le ciment. Il y aura peut être un peu moins de touristes que prévus. Il y a des raisons d’être optimiste pour la suite : l’essence devient bon marché avec la récession mondiale (ou croissance négative comme dirait l’autre), et doit compter comme un facteur important dans les importations laos ; les forêts laos vont être moins exploité si la demande de bois précieux baisse. Les bailleurs de fond vont peut être marquer une pause dans leur arrosage du Laos, mais mise à part en cas de crise alimentaire ou sanitaire grave, la baisse des fonds aura plus d’impact sur les finances de ‘Joe the consultant’ que sur le bien etre de ‘Mou l’agriculteur’ (variante locale de ‘Joe the plumber’).
Jeudi, une amie avait un peu d’argent de côté et souhaitait le placer, avec l’idée de peut être réaliser une petite plus-value. Nous sommes donc naturellement allés au marché ! où elle a acheté un bracelet de 15g d’or (pur à 99%) dans une boutique réputée du Talat sao. C’est un placement commun, avec l’achats de terres. Une économie palpable.
NB : dans le Vientiane Times du samedi 25 octobre, le tarif prohibitif de certains parkings lors de la fete des pirogues (10 000 kips/journee) est tres serieusement impute a… la crise financiere internationale. On peut lire entre les lignes que cette hausse des prix profite en premier lieu aux finances personnelles des policiers (au detriment des pauvres et de l esprit populaire de la fete).