Le Laos et les populations sauvages de l’Indochine

Ci-dessous un extrait de « Le Laos et les populations sauvages de l’Indochine » par le Dr François Jules Harmand.. Je n’ai pas l’édition française et donc je traduis depuis la version anglaise à ma disposition, le résultat n’est certainement pas identique à l’original. L’auteur raconte son voyage au Laos et au Viêtnam en 1877… extrait qui m’a fait bien rire et fidèle à l’esprit « Tintin au Lao » qui se dégage du bouquin.

(…) Séduit par l’apparence admirable de cet endroit, je remarquais une de ces petites huttes que les laotiens aiment à construire dans des endroits déserts et pittoresques afin d’honorer leurs esprits qui sont les seuls à errer ici. Je l’ignorais alors et, en choisissant cette maison pour m’installer, j’avais commis un acte particulièrement hardi aux yeux de mes porteurs. De tous les hommes qui m’accompagnaient, aucun n’accepta de passer la nuit ici et le jour suivant, je fus avertis qu’en continuant à dormir là, je m’exposais aux plus terribles maux. Voyant ma complète indifférence à cette information, ils disaient : « Ils ont bien raison de dire que ce français n’a peur de rien », et secrètement, les uns après les autres, ils venaient me demander de leur donner de cette potion que j’utilisais pour me rendre si courageux. « Réponds », dis je à l’interprète, « que je ne peux leur en donner car je n’en ai plus depuis bien longtemps. Cette potion est le lait de nos mères ».

… et la source pour les anglophones… Seduced by the admirable appearance of the place, I noticed one of those small huts which the Laotians like to build in deserted and picturesque places to honor the spirits who are the only who wander there. I ignored then that, by choosing this house to install myself, I had committed an act of extraordinary boldness in the eyes of my porters. Of all the men who accompanied me, not one agree to pass the night there and the next day I was warned that by persisting in sleeping there, I exposed myself to the most terrible illnesses. Seeing my complete indifference to this information, they said, « Quite rightly they say that these Frenchman is not afraid of anything! », and secretly they came to ask me, one after the other, to give them some potion that I used to make myself so courageous. « Answer », I told the interpreter, « that I cannot give them because I have not had any for a long time. That potion is the milk of our mothers! »

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