Abbatis-Brulis à Luang Prabang

A partir de la mi-mars, le Nord Laos s’enflamme pour appeler la pluie.

Garcon lao observant les incendies depuis son village

Incendies près d'un village, province de Luang Prabang

Les paysages de montagne des provinces du Nord Laos prennent des allures sinistres avec des pans de montagne carbonisés. Les collines vertes laissent place en quelques semaines à des reliefs pelés, noirs.

Des avions pour Luang Prabang de la Thai Airways sont annulés à cause de la visibilité réduite ; tandis que les pilotes laotiens de Lao Airlines, habitués du phénomène, arrivent toujours à poser leurs appareils.

Sur la route, dans la province de Xieng Khouang, nous croisons un vieil homme en colère, à côté de sa maison carbonisée. Il a perdu le peu qu’il possédait quand les incendies, mal contrôlés, se sont propagés.

Laotienne arrosant le toit de sa maison pour éviter la propagation de l'incendie - province de Luang Prabang

Le gouvernement laotien, indique que c’est une catastrophe écologique. Certaines ONG approuvent : il faudrait supprimer la culture sur abbatis-brûlis responsable de la déforestation et source de pauvreté pour les populations locales.

Ce n’est pas si simple.

Pour ceux que le sujet intéresse, le livre Chronique des Cendres d’Olivier Evrard est très intéressant :

Les « mangeurs de forêts » ont mauvaise réputation. Parce qu’ils défrichent chaque année une parcelle de végétation avant d’y mettre le feu, les agriculteurs montagnards d’Asie du Sud-Est seraient les premiers responsables de la déforestation. Culturellement distincts de leurs voisins des plaines, ils font aussi figure de populations arriérées, incapables d’abandonner des pratiques qui les maintiendraient dans la pauvreté. D’où la nécessité de les déplacer et de les regrouper dans les vallées, pour les « sédentariser » et les « développer ». Tel est en tout cas le discours des États, souvent relayé et cautionné par les institutions internationales et les médias.

Pourtant, l’agriculture sur brûlis n’est pas toujours et partout une aberration écologique ou économique. Chez les montagnards Khmou du Nord-Laos, il s’agit d’un véritable mode de vie et non d’une technique de survie. L’agriculture sur brûlis exprime leur rapport à la nature, inspire leurs catégories mentales et leur système symbolique. Elle participe de la reproduction des liens sociaux dans les maisons et les villages. Elle structure enfin les relations qu’ils entretiennent avec leurs voisins et avec l’État.

Ces «chroniques des cendres » restituent leur vision du monde et retracent l’histoire des relations interethniques au Nord-Laos. Elles témoignent aussi des liens complexes tissés par les minorités avec l’État-nation dans ce pays et de l’ampleur des recompositions sociales et territoriales en cours dans le contexte post-communiste contemporain.

Une étude de l’ONG  « Comité de Coopération avec le Laos », particulièrement au fait des réalités laotiennes : http://www.ccl-laos.org/IMG/pdf/Abattis_brulis_OD_Fr.pdf

Sebastien parle Hmong

Après avoir parcouru une belle route au Sud de Xaisomboune, nous nous arrêtons pour demander à des habitants d’un village Hmong si nous nous trouvons bien à « Hom », ce qu’ils nous confirment unanimement.

- Sébastien : « Waatcha » (d’après Sébastien ça veut dire merci)

- Un Hmong : « Sorry, I don’t have a watch »

40 kilomètres plus loin, nous atteignons « Hom », où nous étions censés nous trouver… Les villageois nous indiquaient qu’on était dans le district de « Hom », pas le chef-lieu.

Sur la route pour Ban Feuang - Province de Vientiane

Sébastien révise le Hmong sous un arbre