Le père noel à l’entrée d’un magasin à Hué (35 degrés)

Le Pere Noel a Hue

Le Pere Noel a Hue (35 degrés à l'entrée d'un magasin)

C’est la belle nuit de Noël
La neige étend son manteau blanc
Et les yeux levés vers le ciel
A genoux les petits enfants
Avant de fermer les paupières
Font une dernière prière
Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec tes jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier

 

Cambriolage à Vientiane

En octobre, un soir de la fête des bateaux (boun song heua), un cambrioleur, profitant de l’absence de surveillance du quartier, s’est introduit dans ma maison en soirée. Il a dérobé un ordinateur et un casque de moto après avoir facturé la porte en utilisant un pied de biche.

Les cambriolages sont fréquents à Vientiane et je laisse en conséquence quelques centaines de milliers de kips pour que le cambrioleur n’aille pas fouiller partout. Cette fois ci le type, probablement sous l’emprise de Ya ba (une méthamphétamine locale) a pris ma machette de jardinage, l’a sorti de son fourreau, et est rentré arme à la main dans ma chambre avec avant de la déposer sur mon lit. Même si le visionnage de nombreux films de Jean-Claude Van Damme, prépare à faire face à des situations de combat, ça reste inquiétant.

(explication technique) Or il se trouve que l’ordinateur dérobé est paramétré pour synchroniser certains dossiers via le logiciel dropbox.(/explication technique). Pour faire simple, la personne qui a acheté l’ordinateur a attendu quelques semaines avant de (mauvaise idée !) sauvegarder sur cet ordinateur les photos de lui et ses amis. J’ai pu avoir accès à ces photos.

On a imprimé les photos et des amis ont localisés les différents endroits de prise de vue. L’étape suivante fut de trouver un contact au commissariat pour que l’on y enregistre ma plainte avec attention, et parce qu’au Laos, de manière générale, il est préférable d’être recommandé. C’est allé assez vite après la prononciation du mot « récompense ».

On est donc parti au commissariat avec une collègue de bureau. Les forces de l’ordre représentent l’autorité et il est d’usage de leur montrer le plus grand respect. Ma collègue ne pouvait rentrer dans l’enceinte du commissariat qu’en robe traditionnelle laotienne (sine) et a pris soin de retirer les discrets bijoux qu’elle porte pour montrer qu’elle respecte bien les traditions. Elle a parlé très poliment, contrairement aux policiers qui se donnaient pour la plupart un air hautain.

La personne qui nous a donné rendez-vous à midi n’est pas là et nous sommes invités à nous assoir dans un bureau où deux policiers dorment par terre tandis qu’une policière s’accorde une sieste sur un lit formé de 3 chaises. La télévision est allumée. Une heure sert à prendre la déposition. 24 heures plus tard, un policier nous téléphone et nous annonce qu’ils ont retrouvés le portable… l’efficacité de la police de proximité dans un pays où l’autorité sait se montrer convaincante.

Retour au commissariat (seul cette fois) où je confirme que mon ordinateur (un MacBook Pro avec clavier AZERTY) est bien celui retrouvé. Ils annoncent devoir le garder encore quelques jours pour les besoins de l’enquête mais je remercie et donne une enveloppe contenant 40 USD devant la dizaine de personnes présente. Une semaine après, ma collègue appelle le contact au commissariat pour savoir si nous pouvons récupérer l’ordinateur. Il se trouve que l’enquête a encore besoin de l’ordinateur quelques temps, mais, après décryptage, quelques billets à ce contact pourraient accélérer le processus. Profitant d’un flottement, je passe rapidement par un autre policier pour récupérer mon bien sans rien débourser… Ah si, j’ai quand même fait preuve de « politesse » en achetant à des policiers deux tee-shirts célébrant la révolution communiste laotienne !

Le cambrioleur est en prison. Il risque d’y séjourner une, deux ou trois années.

Film Thaïlandais Oncle Boonme

Pour ces critiques du Figaro, Oncle Boonmee (palme d’or du dernier festival de cannes) c’est :

L’assommante agonie d’un paysan qui a le diabète et qui voit revenir tous les fantômes de son passé.

Assez pitoyable

Le film est interminable, plein de visions inintéressantes.

De temps en temps, on a une sorte de fantôme en forme de singe avec des yeux rouges alors on pense à Choubakka dans la guerre des étoiles.

Mais je vous recommande surtout, pour bien rigoler, une recette de poisson chat qui se glisse dans une mare entre les cuisses d’une princesse défigurée. Là je crois que Maïté et Julie Andrieux devrait s’en inspirer.

Oncle-Boonmee

On apprécie les 3 premières « critiques » qui sont des jugements personnels et les deux dernières qui montrent l’horizon des références des deux compères : Choubbaka, Maïté, Julie Andrieu. Les lecteurs ont ils les journalistes qu’ils méritent ?

Ce soir, je pars pour Bangkok, en espérant pouvoir trouver ce film dans les étals des marchands de DVD. Bounmee signifie « celui qui a du mérite » en laotien.

Des chiffres magiques

Au salon de massage, une feuille de papier protégée par le verre de la table attire l’attention. Toute une série de chiffres et des prix correspondants : ce sont des numéros de téléphones mobiles à vendre.

Le Laos est un de ces pays qui fait des bonds de technologies : ici, peu de téléphones fixes et, dans le pays, aucune cabine téléphonique. Mais même des gens ayant des revenus mensuels de 50/70 dollars par mois ont un téléphone portable, parfois de marque chinoise i.e. rose, offrant la télévision, la radio, un appareil photo, deux cartes SIM et personnalisé avec des autocollants. D’autres fois de simples Nokia. Pour les nouveaux riches, « l’élite » qui se montre en 4*4 dans  la toute nouvelle chaîne de Pizza de Vientiane, on aime souvent montrer les derniers téléphones à la mode.

Il n’y a pratiquement pas d’abonnement et on achète des cartes pour recharger les comptes. Bien sûr si vous grattez frénétiquement comme moi, vous allez du mal à voir les chiffres. Donc un conseil : grattez avec parcimonie, calmement mais avec détermination ^_^

Voici les prix des numéros relevés sur cette feuille :

  • un numéro basique : 30 000 kips (3 euros)
  • le 58588222 : 499 000 kips (49 euros)
  • le 57555555 : 36 999 000 kips (on atteint les 3700 euros)

Ca peut paraître stupide et/ou indécent de mettre autant d’argent dans un numéro, surtout que ce n’est pas très pratique à transmettre :

  • « appelle moi au cinq-sept-cinq-cinq-cinq-cinq-cinq-cinq »
  • « au cinq-sept-5-cinq ? »
  • « non au cinq-sept-6-cinq »

J’ai même entendu parler de plaques minéralogiques  » 8888  » qui s’échangent à 10 000 USD. 10 000 USD pour être sûr que le policier mémorise bien la plaque ?

Dans la culture laotienne, les chiffres ont une signification et la loterie est une institution nationale où les joueurs se servent des interprétations de leurs rêves pour miser : si l’on rêve d’une grenouille, le trois (par exemple) a des chances de sortir… Les restaurants spécialisés dans les brochettes de mouton sont souvent signalés (de mémoire) par des huit.

(A creuser…)

Kyrgyzstan – Laos : the french connection

A mon arrivée au Laos, j’avais un peu de temps et j’ai créé un site de petites annonces au Laos. Disons le tout de suite, c’est le meilleur site de petites annonces au Laos (car le seul!) et on me demande parfois de l’aide directement via l’adresse mail du site.

Ci-dessous le mail qu’une française m’écrit du Kyrgystan ; je vous livre le mail tel quel en enlevant simplement son prénom. Il faut préciser que l’on ne se connaît pas et qu’elle mise sur la solidarité des français à l’étranger pour chercher de l’aide.

bonjour.je suis XXX .francaise,au kyrgyzstan….je veux aller au laos puis thailande avec mon vehicule et mes 4chiens…mais les chinois font trop de difficultes,pour les chiens….donc je compte les envoyer separement par avion de bishkek a vientiane…je cherche un chenil qui pourrait venir les chercher a l`aeroport de vientiane et les garder jusqu`a mon arrivee….j`ai 20 jours de route prevu en chine plus le temps d`alller de bishkek a torugart(la frontiere chinoise)……pouvez vous m`aider ou me conseiller un chenil vers vientiane—–j`aimerais savoir qu`ils ne sont pas dans une cage minuscule pendant tout un mois.—–merci de me donner une reponse rapidement,car je dois entrer en chine avant la fin du mois,pour ne pas avoir a refaire les autorisations….peut-etre a bientot……il va sans dire que vu le cout que me coute la traversee de la chine….je cherche dans le pas cher …merci

Ce mail m’a rappelé qu’il y a deux semaines, sur la route traversant la province de Bolikhamxai vers Vinh, on a dépassé un convoi de chiens partant pour le Vietnam et les marchés de viande canine, si populaires là-bas.

En tout cas, merci pour des mails comme celui ci qui ajoutent de l’inattendu à mes journées ^_^

Abbatis-Brulis à Luang Prabang

A partir de la mi-mars, le Nord Laos s’enflamme pour appeler la pluie.

Garcon lao observant les incendies depuis son village

Incendies près d'un village, province de Luang Prabang

Les paysages de montagne des provinces du Nord Laos prennent des allures sinistres avec des pans de montagne carbonisés. Les collines vertes laissent place en quelques semaines à des reliefs pelés, noirs.

Des avions pour Luang Prabang de la Thai Airways sont annulés à cause de la visibilité réduite ; tandis que les pilotes laotiens de Lao Airlines, habitués du phénomène, arrivent toujours à poser leurs appareils.

Sur la route, dans la province de Xieng Khouang, nous croisons un vieil homme en colère, à côté de sa maison carbonisée. Il a perdu le peu qu’il possédait quand les incendies, mal contrôlés, se sont propagés.

Laotienne arrosant le toit de sa maison pour éviter la propagation de l'incendie - province de Luang Prabang

Le gouvernement laotien, indique que c’est une catastrophe écologique. Certaines ONG approuvent : il faudrait supprimer la culture sur abbatis-brûlis responsable de la déforestation et source de pauvreté pour les populations locales.

Ce n’est pas si simple.

Pour ceux que le sujet intéresse, le livre Chronique des Cendres d’Olivier Evrard est très intéressant :

Les « mangeurs de forêts » ont mauvaise réputation. Parce qu’ils défrichent chaque année une parcelle de végétation avant d’y mettre le feu, les agriculteurs montagnards d’Asie du Sud-Est seraient les premiers responsables de la déforestation. Culturellement distincts de leurs voisins des plaines, ils font aussi figure de populations arriérées, incapables d’abandonner des pratiques qui les maintiendraient dans la pauvreté. D’où la nécessité de les déplacer et de les regrouper dans les vallées, pour les « sédentariser » et les « développer ». Tel est en tout cas le discours des États, souvent relayé et cautionné par les institutions internationales et les médias.

Pourtant, l’agriculture sur brûlis n’est pas toujours et partout une aberration écologique ou économique. Chez les montagnards Khmou du Nord-Laos, il s’agit d’un véritable mode de vie et non d’une technique de survie. L’agriculture sur brûlis exprime leur rapport à la nature, inspire leurs catégories mentales et leur système symbolique. Elle participe de la reproduction des liens sociaux dans les maisons et les villages. Elle structure enfin les relations qu’ils entretiennent avec leurs voisins et avec l’État.

Ces «chroniques des cendres » restituent leur vision du monde et retracent l’histoire des relations interethniques au Nord-Laos. Elles témoignent aussi des liens complexes tissés par les minorités avec l’État-nation dans ce pays et de l’ampleur des recompositions sociales et territoriales en cours dans le contexte post-communiste contemporain.

Une étude de l’ONG  « Comité de Coopération avec le Laos », particulièrement au fait des réalités laotiennes : http://www.ccl-laos.org/IMG/pdf/Abattis_brulis_OD_Fr.pdf

Sebastien parle Hmong

Après avoir parcouru une belle route au Sud de Xaisomboune, nous nous arrêtons pour demander à des habitants d’un village Hmong si nous nous trouvons bien à « Hom », ce qu’ils nous confirment unanimement.

- Sébastien : « Waatcha » (d’après Sébastien ça veut dire merci)

- Un Hmong : « Sorry, I don’t have a watch »

40 kilomètres plus loin, nous atteignons « Hom », où nous étions censés nous trouver… Les villageois nous indiquaient qu’on était dans le district de « Hom », pas le chef-lieu.

Sur la route pour Ban Feuang - Province de Vientiane

Sébastien révise le Hmong sous un arbre

Le Laos et les populations sauvages de l’Indochine

Ci-dessous un extrait de « Le Laos et les populations sauvages de l’Indochine » par le Dr François Jules Harmand.. Je n’ai pas l’édition française et donc je traduis depuis la version anglaise à ma disposition, le résultat n’est certainement pas identique à l’original. L’auteur raconte son voyage au Laos et au Viêtnam en 1877… extrait qui m’a fait bien rire et fidèle à l’esprit « Tintin au Lao » qui se dégage du bouquin.

(…) Séduit par l’apparence admirable de cet endroit, je remarquais une de ces petites huttes que les laotiens aiment à construire dans des endroits déserts et pittoresques afin d’honorer leurs esprits qui sont les seuls à errer ici. Je l’ignorais alors et, en choisissant cette maison pour m’installer, j’avais commis un acte particulièrement hardi aux yeux de mes porteurs. De tous les hommes qui m’accompagnaient, aucun n’accepta de passer la nuit ici et le jour suivant, je fus avertis qu’en continuant à dormir là, je m’exposais aux plus terribles maux. Voyant ma complète indifférence à cette information, ils disaient : « Ils ont bien raison de dire que ce français n’a peur de rien », et secrètement, les uns après les autres, ils venaient me demander de leur donner de cette potion que j’utilisais pour me rendre si courageux. « Réponds », dis je à l’interprète, « que je ne peux leur en donner car je n’en ai plus depuis bien longtemps. Cette potion est le lait de nos mères ».

… et la source pour les anglophones… Seduced by the admirable appearance of the place, I noticed one of those small huts which the Laotians like to build in deserted and picturesque places to honor the spirits who are the only who wander there. I ignored then that, by choosing this house to install myself, I had committed an act of extraordinary boldness in the eyes of my porters. Of all the men who accompanied me, not one agree to pass the night there and the next day I was warned that by persisting in sleeping there, I exposed myself to the most terrible illnesses. Seeing my complete indifference to this information, they said, « Quite rightly they say that these Frenchman is not afraid of anything! », and secretly they came to ask me, one after the other, to give them some potion that I used to make myself so courageous. « Answer », I told the interpreter, « that I cannot give them because I have not had any for a long time. That potion is the milk of our mothers! »